Bonsoir chez-vous !
Il n’y a pas à redire : « août c’est août » ! De mémoire modeste, pas un mois de l’année, pour le cas spécifique du Gabon, n’est aussi riche en événements chargés de symboles forts susceptibles de marquer d’une pierre blanche le récit de l’histoire du pays de la concorde et la fraternité. En effet, le couloir de ce mois d’août 2025, au-delà des grands rendez-vous institutionnellement cochés, jadis ou récemment, à savoir les 09, 16, 17 et 30 août, le août de cette année-ci nous dévoile, en plus, un concept devenu quasiment rituélique : celui des 100 jours. Eh oui, cette semaine assurément, le gouvernement de la République, de la 5ème République et son chef, totalisent 100 jours de règne. Selon une inspiration venue de très loin de nos côtes, inspiration bien acclimatée au point de se tropicaliser, c’est l’heure de la première évaluation, l’heure du bilan d’étape, l’heure du premier point des trois points de suspension ! Les 100 jours du Gouvernement de la 5ème République.
Mais avant, un break historique s’impose pour comprendre le glissement opéré sur un concept qui, à l’origine, traduisait en réalité une défaite. Les Cent-Jours, en français, font référence à la période de retour au pouvoir de Napoléon Ier en 1815, entre son exil sur l’île d’Elbe et la seconde Restauration. Cette période, allant du 1er mars au 22 juin, est marquée par le débarquement de Napoléon à Golfe-Juan, sa marche sur Paris, la bataille de Waterloo, et sa seconde abdication, donc défaite. Il n’empêche que symboliquement, les Cent-Jours incarnent désormais le mythe de l’homme providentiel et l’idée qu’un chef doit agir rapidement pour être efficace. Raison pour laquelle, un peu partout dans le monde contemporain de la gouvernance, les cent jours sont une occasion d’évaluation. En ce sens que, selon des études poussées en sciences humaines, trois mois suffisent pour évaluer le rendement d’une personne, comme qui dirait, sous contrat. Une évaluation autour d’une question unique : cent jours, avec, ou sans ?
Une question simple, certes, mais qui dérange bien plus qu’elle ne paraît. Car, de mémoire d’homme de média, rares sont ceux, dans le monde, qui, au moment du bilan « avec, ou sans ? » acceptent que les cent jours soient sans. Ils revendiquent toujours leurs cent jours avec et non pas sans ! En français facile, personne ne dira que depuis cent jours de gouvernance il n’y a pas quelque chose. Cent jours, sans, jamais ! Cent jours, toujours avec ! Quitte à rechercher coûte que coûte le “avec”, dont la trace peine à être perceptible. Et c’est de bonne guerre ! Car “sans”, pour cent jours pourrait être une note éliminatoire. Surtout si l’on répond, par exemple, d’un gouvernement très attendu, d’une République où tous les espoirs sont permis. Cent jours sans, pourrait susciter au chef une symphonie. La mélodie du fauteuil éjectable afin d’accorder les notes pour qu’au prochain point de suspension, la population mélomane trouve son compte. Mais nous n’en sommes pas encore là, dieu merci. Juste à l’étape de la question: finalement, les cent jours, avec, ou sans? Une première, sous la 5ème République.
Les heures à venir nous diront!
Bonsoir chez-vous !

